La crise agroalimentaire est elle assez prise au sérieux? partie 2/2

Embargo russe: quel est l’impact de cette décision sur l’agriculture française?

Avant la crise l’Union Européenne n’envoyait que 10% de ses exportations issues de l’agriculture à la Russie pour un montant de 12 milliards d’euros par an selon Eurostat, l’office statistique .

«La Russie est exportatrice de céréales mais fortement importatrice de légumes, de fruits, et de produits transformés tels que la viande et les produits laitiers»

Certains secteurs sont donc particulièrement touchés c’est le cas des fruits et des légumes (29% des exportations partent en Russie avant l’embargo)

du fromage (33%) et du beurre (28%).

Toutefois la France ne se place que au quatrième rang européen des fournisseurs de denrées agroalimentaires à la Russie derrière notamment l’Allemagne, l’Ukraine et les Pays-Bas. Le secteur de la viande arrive en seconde position des exportations française vers la Russie (134 millions d’euros) les volume sont importants mais les professionnels ne sont pas touchés par cette nouvelle décision russe, puisque sous prétexte de cas de fièvre porcine un embargo sanitaire avait été appliqué (via Libération, voir sources en bas)

«Autres craintes, la Russie se ferme aux importations, mais les produits qui n’iront plus à l’exportation vont se rabattre sur les pays européens et créer une situation de crise»

Xavier Beulin président de la FNSEA

Cette année les français ont expédié pour près de 26 millions d’euros de fruits en Russie selon M Barbier, les polonais, attendent une récolte également abondante qui va naturellement se reporter sur le marché intérieur de l’UE (via La France Agricole)

La filière laitière, subit cependant de lourdes conséquences de cet embargo, à vue d’oeil la part de production laitière est faible, de l’ordre de seulement 0,7% mais un effet domino est à prévoir souligne Thierry Roquefeuil président du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL). En effet les surplus duent à la fermeture des frontières russes vont inonder le marché européen et donc le marché français également.

«Une baisse généralisée des prix est donc à prévoir»

La grande distribution a-elle un rôle actif dans la crise agroalimentaire?

En France quelques mois après le début de l’embargo la tonne de lait écrémé se vendait 2400 euros contre 2880 début août et la tonne de beurre 3260 euros contre 3600 euros le mois précédent, soit presque 350 euros de différence!

Thierry Roquefeuil (CNIEL, voir plus haut) s’agace de voir la grande distribution profiter de la faiblesse du marché laitier pour tirer les prix vers le bas.

«La grande distribution doit être citoyenne»

Mais alors quels sont les actions menées par le gouvernement pour remédier à la crise?

Face aux nombreuses manifestations qui sont survenues dans différentes régions, Mr Le Foll actuellement ministre de l’Agriculture vient d’annoncer que l’Etat débloquera 600 millions d’euro pour aider les éleveurs en difficultés, afin qu’ils puissent restructurer leurs dettes. A cela s’ajoute 24 mesures et 6 grandes priorités qui composent le plan d’urgence:

la première priorité n’est autre que le redressement des cours et des prix.

Toutefois les promesses du ministre de l’Agriculture ne conviennent pas aux exigences des éleveurs qui ont installé des barrages sur plusieurs routes et autoroutes (N12-A84).

Le premier ministre Mr Valls a jugé que le problème ne tenait pas du simple ressort de l’Etat

« Je rappelle que le gouvernement seul ne peut pas agir », a expliqué le Premier ministre. « Il faut que l’ensemble de la profession, des industriels, de la grande distribution puissent également agir et nous en appelons à la responsabilité de chacun. »

Bruno Le Maire invite le ministre de l’Agriculture a quitter son bureau à Paris pour se rendre aux cotés des agriculteurs, il est aussitôt suivit par une dizaine d’éleveurs réclamant la visite du ministre, qui n’hésiteront pas a bloquer les principaux accès aux périphériques de Caen, leurs principales revendications concernent l’accord du 17 juin, ils demandent au ministre de l’Agriculture d’être plus ferme avec la grande distribution.

Sources:

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